Tchad : les autorités affirment que le calme est revenu après une « tentative de déstabilisation »
Des journalistes de l’AFP ont rapporté mercredi soir avoir entendu des tirs nourris dans le centre de N’Djamena, la capitale tchadienne, à proximité du palais présidentiel. Le chef de la diplomatie tchadienne affirme que la situation est sous contrôle après une « tentative de déstabilisation ».
Des tirs nourris ont été entendus mercredi 8 janvier dans le centre de la capitale tchadienne N’Djamena, près de la présidence, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Alors que les tirs se poursuivaient vers 20 h 45 (19 h 45 GMT), une source sécuritaire tchadienne a indiqué à l’AFP que des hommes armés ont attaqué le palais présidentiel.
Toutes les voies menant vers la présidence sont fermées à la circulation. Toutes les voies menant vers la présidence sont fermées à la circulation. Des « chars de l’armée » sont sortis dans les rues et le quartier est « bouclé », relate notre correspondant sur place.
De son côté, le chef de la diplomatie tchadienne a déclaré que la situation était totalement sous contrôle. « C’était un petit incident […] tout est calme et je veux que vous soyez rassurés », a déclaré Abderaman Koulamallah dans une vidéo postée sur Facebook, qu’il a dit avoir été filmée à la présidence. « Toute cette tentative de déstabilisation a été éradiquée. »
Ces tirs ont eu lieu quelques heures après la visite à N’Djamena du ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, qui a eu plusieurs entretiens avec des dirigeants tchadiens, dont un à la présidence avec le chef de l’État Mahamat Idriss Déby Itno.
Le Tchad a annoncé par surprise fin novembre dernier qu’il mettait fin à l’accord militaire entre Paris et N’Djamena, actant la fin de soixante ans de coopération militaire depuis la fin de la colonisation française.
Selon le président Déby, ces accords étaient « complétement obsolètes », face « aux réalités politiques et géostratégiques de notre temps ».
En mai dernier, se sont achevées à N’Djamena trois années de transition, avec l’élection de Mahamat Idriss Déby, porté au pouvoir par une junte militaire après la mort de son père Idriss Déby, tué par des rebelles au front en 2021.
Menacé par des offensives rebelles, Déby père avait pu compter sur l’appui de l’armée française pour repousser celles-ci en 2008 puis en 2019.
L’armée tchadienne cible de Boko Haram
Ces dernières semaines, le président tchadien a aussi plusieurs fois menacé de quitter la Force multinationale mixte (FMM) formée en 1994 avec le Cameroun, le Niger et le Nigeria pour sécuriser la région du lac Tchad, en dénonçant la passivité de ses alliés.
La FMM est au départ une force de lutte contre la criminalité transfrontalière principalement, mais son mandat a ensuite été élargi pour inclure la lutte contre les jihadistes, dont les campagnes armées se sont étendues de leur base nigériane aux trois pays voisins.
Les soldats tchadiens sont ainsi fréquemment visés par les attaques des jihadistes de Boko Haram dans la région du lac Tchad.
Fin octobre, une attaque de Boko Haram contre une base militaire tchadienne de la région du lac Tchad a fait quinze morts parmi les officiers, selon les autorités tchadiennes.
En riposte, le président Déby a « personnellement » lancé une opération baptisée « Haskanite », qu’il a dirigée depuis la province du lac Tchad pendant deux semaines début novembre.
Avec AFP



