Le pape François n’est « pas hors de danger », prévient l’un de ses médecins
Le pape François est toujours hospitalisé ce vendredi 21 février. Un de ses médecins a dit à l’« AFP » qu’il n’est pas « hors de danger ». Une déclaration qui vient tempérer les annonces des derniers jours du Vatican. Celles-ci se voulaient rassurantes sur l’amélioration de son état.
Il n’est pas « hors de danger »
Lors d’un point de presse à l’hôpital romain Gemelli, où le pontife de 88 ans est soigné depuis une semaine, l’un des membres de l’équipe médicale du pape, le Pr Sergio Alfieri, a déclaré à l’AFPque« non, le pape n’est pas hors de danger ». Et qu’il restera hospitalisé « au moins toute la semaine prochaine ». Le Pr Sergio Alferi a précisé mettre en place ces mesures, « par prudence ».
« Si nous le renvoyons à Sainte-Marthe (le nom de sa résidence au Vatican, NDLR) il recommence à travailler comme avant », a-t-il argué, alors que Jorge Bergoglio, connu pour sa force de caractère, maintient en dépit de son âge un rythme effréné, au grand dam de ses médecins qui ne cessent de lui répéter de ralentir la cadence.
D’autres membres de l’équipe médicale ont rappelé que le pape François « n’est branché à aucune machine », et qu’il « plaisante ».
Un retour à la vie normale pour le pape
Le pape reçoit ses plus proches collaborateurs, lit, signe des documents et passe des appels téléphoniques, a affirmé une source vaticane à l’AFP.
Comprenez-vous que le pape François ne soit pas présent à la réouverture de Notre-Dame ?
Depuis l’annonce de la maladie de François par le Saint-Siège, le Vatican a fait part de l’amélioration constante de son état. Il se rétablit peu à peu d’une pneumonie dans les deux poumons, une infection du tissu pulmonaire potentiellement mortelle.
Mais cette hospitalisation, la quatrième depuis 2021, suscite de vives inquiétudes alors que le pape avait déjà été affaibli par une série de problèmes ces dernières années, allant d’opérations du côlon et de l’abdomen à des difficultés à marcher. Une infection, qui s’ajoute à une liste déjà longue d’antécédents – opérations du colon et de l’abdomen, difficultés à marcher, infections respiratoires – pourrait rebattre les cartes.
On gouverne « avec la tête, et non avec les jambes »
Le flou autour de la santé du pape et de la durée de son séjour a relancé les spéculations sur sa capacité à assurer sa charge. François a soufflé le chaud et le froid sur l’hypothèse d’une démission.
Il avait toujours laissé la porte ouverte à une renonciation, dans la lignée de son prédécesseur Benoît XVI, et avait révélé avoir, peu après son élection en 2013, signé une lettre de démission au cas où sa santé l’empêcherait d’exercer sa charge.
Il avait ensuite affirmé vouloir continuer tant que sa santé le lui permet, déclarant que l’on gouverne « avec la tête, et non avec les jambes ».
De nombreux problèmes de santé
Jorge Bergoglio était parvenu à surmonter ses problèmes de mobilité liés à un surpoids et des douleurs au genou en utilisant un fauteuil roulant. Mais ses difficultés respiratoires, pour un octogénaire qui s’est vu retirer le lobe supérieur du poumon droit à l’âge de 21 ans, posent davantage question.
À plusieurs reprises depuis le début de l’année, l’évêque de Rome a été contraint d’annuler des engagements et de déléguer la lecture de ses textes, voire de s’arrêter en pleine homélie, la voix essoufflée.
Un « courant anti-Bergoglio »
Ces dernières heures, des cardinaux – la plus haute responsabilité dans la hiérarchie de l’Église catholique – se sont exprimés sans tabou sur l’éventualité d’une renonciation.
« Je suis tout à fait confiant dans la lucidité du pape », a assuré le cardinal français Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille. « Il est libre et […] s’il estime que c’est la meilleure chose pour le bien de l’Église, il le fera », a-t-il continué.
Pour le cardinal italien Gianfranco Ravasi, François pourrait renoncer « s’il rencontre de sérieuses difficultés dans l’accomplissement de son service ». « C’est lui qui aura le dernier mot, en conscience », a-t-il déclaré dans une interview publiée vendredi dans le quotidien Il Corriere della Sera.
Des « fake news » sur la mort du pape
Les fake news s’inscrivent dans un contexte pesant autour du pape argentin : des fausses informations sur les réseaux sociaux font état de sa mort et des voix, notamment dans les milieux conservateurs américains, se sont élevées pour appeler à « tourner la page » Bergoglio.
« Sur Internet et sur les sites américains, il y a un fort courant anti-Bergoglio : même s’il n’est jamais explicite, il montre clairement une volonté de changement qui s’exprime aussi à travers les fake news », a regretté Mgr Ravasi, estimant qu’« il y a une forte polarisation ».
Une atmosphère pré-conclave
En coulisses, une atmosphère de pré-conclave s’est installée ces derniers mois, nourrie par les principaux opposants au pape François. Le jésuite argentin a fait face à une violente opposition interne pour les réformes qu’il avait menées dans l’Église. Certains lui reprochent des décisions de rupture, comme l’interdiction de la messe en latin ou l’ouverture des bénédictions aux couples de même sexe.
Dans le même temps, l’ancien archevêque de Buenos Aires, très populaire chez les fidèles, a reçu de nombreuses marques d’affection et des prières du monde entier appelant à sa guérison. Sur son compte Instagram, suivi par près de 10 millions de personnes, des centaines de messages en plusieurs langues lui souhaitent un prompt rétablissement.



