Une vive controverse entoure la convocation de l’avocat Me Diop par la justice sénégalaise. Selon l’intéressé, la procédure engagée à son encontre serait entachée d’irrégularités, tant au regard des règles de coopération judiciaire internationale que de la législation encadrant la profession d’avocat au Sénégal.
Dans une déclaration rendue publique, Me Diop affirme que la convocation dont il fait l’objet ne respecte pas les dispositions prévues par la convention judiciaire liant la France et le Sénégal. Il soutient notamment que, conformément à l’article 46 de cet accord, seul le procureur général est compétent pour saisir le Bâtonnier lorsqu’un avocat doit être entendu dans une procédure.
Or, dans ce dossier, Me Diop indique que cette démarche n’a pas été respectée. « Le procureur général, seul compétent, n’a pas saisi le Bâtonnier. C’est le procureur de la République qui m’a fait convoquer et veut me faire auditionner par de simples policiers », déplore-t-il.
L’avocat estime que cette initiative constitue également une violation de la loi du 4 janvier 1984 régissant la profession d’avocat au Sénégal, laquelle prévoit des garanties spécifiques lorsqu’un avocat est concerné par une procédure judiciaire.
Face à cette situation, Me Diop affirme rester ferme sur sa position et se félicite de l’attitude du Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal, qu’il qualifie de « légaliste ». Selon lui, cette posture a contribué à bloquer la procédure engagée dans les conditions actuelles.
Dans sa déclaration, l’avocat n’a pas manqué d’évoquer un contexte politique autour de cette affaire. Il affirme que des manœuvres seraient en cours, évoquant notamment le nom de Bamba Cissé, qu’il accuse d’agir dans l’ombre pour le compte de Ousmane Sonko.
Me Diop a également tenu à saluer le travail de ses conseils, les avocats Me El Hadj Diouf, Me Seyni Ndione et Me Sayba Danfakha, dont il loue le professionnalisme dans la gestion de ce dossier.
Cette affaire, mêlant enjeux juridiques et arrière-plan politique, pourrait connaître de nouveaux développements dans les prochains jours, alors que la question du respect des procédures et des garanties accordées aux avocats reste au cœur des débats.

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