Ndongo Samba Sylla : « Il faut sortir du CFA pour retrouver notre souveraineté monétaire »

Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp

l’argent du pétrole pour l’instant ne bénéficie pas pleinement à l’économie sénégalaise », souligne l’économiste qui lâche sans ambages que notre dette n’a jamais été soutenable. Pire encore, estime-t-il : « on n’a pas la capacité objective de payer ».

 

Il s’explique : « Parce que comment on peut payer une dette ? Vous devez 100 dollars. Dans votre compte vous avez 2 000 dollars, vous piochez sur les 2 000 et vous payez. Mais si vous n’avez que 50 dollars dans votre compte, vous ne pouvez pas payer 100 dollars, vous devez emprunter. Maintenant, si les partenaires financiers disent ‘on va vous prêter, mais à des taux d’intérêt plus importants (10 %, 15 %)’, vous ne pouvez pas, parce que ça c’est le suicide financier. Et c’est cela la situation actuelle du Sénégal ».

Solution : Sortir du CFA

La conséquence de cette situation extrême, selon Ndongo Samba Sylla, c’est que « les créanciers vont décider de nos politiques économiques. On perd en souveraineté. Ils vont vous dire de vous ajuster, c’est-à-dire l’austérité. L’économie va être déprimée ».

Esquissant des pistes de solution, le spécialiste estime qu’il faut déjà « la transparence ». Et cela commence par : « dire qu’on n’est pas contre l’obligation de payer la dette, mais une dette qui est légale, contractée pour le bénéfice du Sénégal. Mais pas payer les dettes aveuglément ». Il y a également des réformes structurelles à opérer. Et l’une des réformes radicales que le Pr Abdou Aziz Kébé -modérateur du dialogue- ne partage pas, c’est de sortir du CFA. D’après le raisonnement de M. Sylla, « le système CFA crée l’endettement ».

« Vous regardez les pays qui utilisent le CFA : entre 1960 et 2023, ils ont reçu 200 prêts du FMI sur 600 pour tout le continent, du Cap au Caire. Donc ça veut dire que, presque dans le cas du Sénégal, tous les 3 ans nous (les pays qui utilisent le CFA) avons un accord avec le FMI. Donc, ça veut dire que notre modèle économique n’est pas bon et que nous n’avons pas la souveraineté monétaire. C’est un problème structurel qu’il faudra régler en ayant la souveraineté monétaire et de bonnes politiques industrielles », argue-t-il.

Quid de l’Eco dont la gestation peine à arriver à son terme ? « C’est une chimère », martèle-t-il.

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *