Préparation du budget 2026 : Cheikh Diba trace les nouvelles lignes de la rigueur budgétaire

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Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a publié une circulaire stratégique fixant les grandes orientations de la Loi de finances initiale 2026. Le document, largement repris par le journal Libération, annonce des mesures fortes, traduisant la volonté de rupture avec les anciennes pratiques budgétaires jugées peu efficaces.

Dans un contexte de pressions économiques croissantes et de nécessité de rationalisation, le ministre entend faire de la discipline budgétaire un pilier central de la gouvernance publique. La circulaire encadre non seulement l’élaboration des Documents de programmation pluriannuelle des dépenses (DPPD) 2026-2028, mais aussi les Projets annuels de performance (PAP) des ministères et institutions constitutionnelles.

Quatre axes pour une gestion responsable

La politique budgétaire de l’exercice à venir reposera sur quatre axes majeurs :

1. Une politique fiscale innovante, équitable et efficiente, visant à élargir la base contributive sans alourdir la charge fiscale sur les plus vulnérables ;

2. La poursuite de l’assainissement des finances publiques, avec un accent particulier sur la consolidation budgétaire à court terme ;

3. Une gestion active et rigoureuse de la dette publique, dans un souci de soutenabilité ;

4. L’intégration des projets prioritaires et structurants de l’Agenda 2050 dans les allocations budgétaires sectorielles.

 

Fin de la reconduction automatique, place à la budgétisation à base zéro

Parmi les ruptures notables, Cheikh Diba annonce la fin de la reconduction systématique des crédits budgétaires. Désormais, chaque ministère devra justifier ligne par ligne ses besoins de dépenses dans une logique de budgétisation à base zéro, en particulier pour les investissements publics.

Chaque ordonnateur principal devra produire une note explicative détaillée des dépenses envisagées, classées par activité, catégorie et ligne budgétaire. Ces documents devront être transmis avant les conférences budgétaires, constituant ainsi un préalable à toute discussion.

Investissements : place à la rigueur et à l’évaluation

Autre mesure structurante : l’évaluation ex-ante obligatoire pour tout projet d’investissement dont le coût est supérieur ou égal à 500 millions FCFA. En-dessous de ce seuil, les projets devront être présentés sous forme de notes conceptuelles accompagnées d’études de faisabilité sérieuses. Seuls les projets validés par les comités de maturation et de sélection seront inscrits au Programme d’investissements publics (PIP).

Vers une meilleure redistribution de la croissance

Pour Cheikh Diba, ces réformes s’inscrivent dans une logique de renforcement des réformes déjà initiées, avec pour finalité une mobilisation accrue des ressources, une utilisation plus efficace des investissements publics, et surtout une redistribution plus équitable de la croissance économique.

Le ton est donné : l’État veut en finir avec le pilotage automatique des finances publiques et s’orienter vers une gouvernance plus stratégique, plus rigoureuse et plus orientée résultats.

 

La Rédaction

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