Sénégal : la déception croissante de la population face au nouveau régime (Par Seydina Seck)

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L’espoir était immense. L’alternance incarnée par le duo Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko avait suscité un vent d’enthousiasme inédit, notamment chez une jeunesse en quête de rupture. Quinze mois après leur arrivée au pouvoir, un sentiment de désillusion s’installe peu à peu au sein de la population.

Des emprisonnements jugés arbitraires

Alors qu’ils avaient promis un État de droit, plusieurs arrestations récentes, notamment de journalistes, opposants ou simples citoyens critiques sur les réseaux sociaux, sèment le doute. Ces pratiques rappellent, pour certains, les dérives de l’ancien régime. La promesse d’une justice indépendante semble encore loin de se concrétiser.

Une liberté d’expression mise à mal

Des signaux inquiétants sont perçus dans l’espace médiatique. Des mises en demeure adressées à certaines chaînes, des propos menaçants à l’égard de la presse critique, et un climat général de suspicion jettent une ombre sur la liberté d’expression. Le slogan de transparence et d’ouverture brandi pendant la campagne s’effrite face aux réalités du pouvoir.

Le “Gatsa Gatsa” : un discours qui divise

La déclaration polémique d’un ministre, appelant à une gouvernance “Gatsa Gatsa”, c’est-à-dire dure et sans concession, a choqué une partie de l’opinion publique. Beaucoup y voient une forme d’arrogance incompatible avec l’idée d’un pouvoir à l’écoute et proche du peuple.

Une économie qui stagne

L’économie, déjà fragilisée par les effets post-Covid et les tensions politiques passées, peine à redémarrer. L’inflation persiste, le chômage des jeunes reste élevé, et les promesses d’investissements massifs tardent à se concrétiser. L’urgence sociale, elle, ne connaît aucun répit.

Une rupture en suspens

Il est encore tôt pour dresser un bilan définitif, mais la confiance s’effrite. Beaucoup de citoyens se demandent si le “système” tant décrié a vraiment changé ou simplement changé de visage. L’attente est immense, mais la patience, elle, n’est pas infinie.

Seydina Seck
Journaliste-Chroniqueur

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