La République de la médiocratie
Les tenants du “Projet” veulent nous faire croire que le Président de la République ne doit plus nommer aux emplois civils et militaires au nom du “spoil system” si cher aux américains, comme si la médiocratie devait supplanter la méritocratie. Quelle petitesse!
L’histoire nous apprend qu’après la Révolution de 1789, une première Assemblée législative fait émerger un conflit mortel entre deux groupes aux intérêts opposés: les Girondins qui se disaient aussi “Patriotes” et les Montagnards.
Mais dès l’instauration de la 1ère République après la condamnation à mort de Louis XVI par la Convention nationale et son passage à la guillotine en 1793, les Montagnards dont les plus influents étaient Robespierre, Danton et Marat envoient à la guillotine 21 députés de la Gironde dont Brissot et Pierre Victurnien Vergniaud qui lors de son procès disait: “La Révolution est comme Saturne: elle dévore ses enfants.”
En fin juillet 1794, la Commune sonne le tocsin et Robespierre, figure emblématique de la Révolution française, est arrêté et passé à la guillotine comme la plupart des tombeurs de la Monarchie.
En 2024, à l’image des jeunes qui ont supprimé la Royauté en France, les théoriciens du “Projet” remportent l’élection présidentielle et les législatives, décrètent la Révolution et promettent la Haute Cour de Justice – juridiction d’exception – et la guillotine à ceux qui ont incarné le “Système”.
En attendant l’heure de vérité, les “patriotes”, talibés de Ousmane “mu sell mi”, brocardent Diomaye et contestent ses décrets au nom du Parti au détriment de la Patrie; aux premiers postes, se bousculent Waly Diouf Bodian, Fadilou Keita, Guy Marius Sagna et des saltimbanques comme Azoura Fall et Tounkara. Est-ce la fin de l’idylle “Diomaye moy Sonko”?
Je rappelle qu’en parlant de Saturne, Vergniaud faisait référence au dieu grec Cronos qui dévorait ses propres enfants.
Fasse Allah que la “Révolution des parvenus” ne soit la fille de Cronos. Sonko n’étant pas Robespierre, et Diomaye Condorcet. Sinon, la République et la stabilité du Sénégal en souffriraient encore pour longtemps.



