Le ton est monté d’un cran à l’Assemblée nationale. Guy Marius Sagna a vivement interpellé le ministre de la Santé, lui reprochant son silence face à plusieurs correspondances portant sur la régulation pharmaceutique, des soupçons de trafic de médicaments et des dysfonctionnements présumés au sein de l’Agence de Régulation Pharmaceutique (ARP).
« C’est une trahison ! », a lancé le député à l’endroit du ministre de la Santé. Revenant sur une correspondance adressée le 11 mars 2025, Guy Marius Sagna affirme avoir alerté le ministre sur le profil de la personne alors nommée à la tête de l’ARP, qu’il présente comme ayant été arrêtée dans une affaire de trafic de médicaments.
Selon le parlementaire, plusieurs relances auraient ensuite été adressées au ministre pour obtenir des explications, sans réponse. Il affirme également que l’Ordre des pharmaciens aurait alerté le ministre sur cette nomination.
Pour Guy Marius Sagna, le maintien de cette personne à la tête de l’autorité chargée de réguler le secteur pharmaceutique posait une question de responsabilité. « Comment peut-on confier la gestion des médicaments de tous les Sénégalais à une personne arrêtée pour trafic de médicaments ? », s’est-il interrogé devant ses collègues.
Softcare, audit et médicaments essentiels : la série de questions
Le député a également fait le lien entre ce maintien et le scandale Softcare, estimant que les événements auraient pu être évités si les alertes avaient été prises en compte. Il souligne que la personne concernée a finalement été limogée en mars 2026, après plusieurs mois de polémique.
Guy Marius Sagna ne s’est pas arrêté à cette affaire. Il a évoqué une autre correspondance, adressée selon lui au ministre le 1er juin 2025, au sujet d’un rapport d’audit de l’ARP qui ferait état de 29 agents travaillant avec de faux diplômes ou de faux titres académiques. Là encore, le député déplore l’absence de réponse.
Il a également rappelé avoir écrit en janvier 2025 au sujet d’une affaire présumée de trafic de Midazolam impliquant l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye.
Au fil de son intervention, le parlementaire a cité plusieurs médicaments essentiels, notamment le Xeloda, utilisé dans la prise en charge du cancer, le Largactil, notamment utilisé en psychiatrie, ainsi que l’Exforge. Autant de dossiers sur lesquels il affirme avoir interpellé le ministère sans obtenir de réponse.
Face à cette accumulation de griefs, Guy Marius Sagna a demandé au ministre de s’expliquer publiquement. « Aujourd’hui, quelle que soit l’heure, il doit me répondre », a-t-il insisté, réclamant des éclaircissements sur les décisions prises au niveau de l’ARP et sur le suivi des différentes alertes adressées au ministère.
Le député a finalement mis en cause la responsabilité politique du ministre, allant jusqu’à déclarer qu’il ne devrait, selon lui, « figurer dans aucun gouvernement ». Une charge politique qui place désormais le ministre de la Santé
face à une série de questions précises sur la gouvernance du médicament, la régulation pharmaceutique et le traitement des alertes parlementaires.
ARP, trafic de médicaments, Softcare : Guy Marius Sagna savonne le ministre de la Santé
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