L’ingénieur en génie civil C. Diop a été jugé devant le tribunal des flagrants délits de Dakar, ce vendredi, pour abus de confiance. Le plaignant, El Hadji Ndangane Ndao, ancien consul du Sénégal à New York, lui reproche de n’avoir pas respecté les délais de livraison de son R+7 situé aux Almadies et les fissures constatées à quelques endroits de l’immeuble. Ce projet de 189 millions de francs CFA a été financé par la Banque de l’habitat du Sénégal (BHS) à hauteur de 169 millions, Ndao devant supporter les 20,5 millions complémentaires.
«Je lui ai remis 10 millions pour le démarrage en attendant le financement de la banque, rembobine l’ancien consul dans des propos repris par Libération, qui a assisté à l’audience. Sur sa proposition, il a réalisé le R+3 en 8 mois, mais jusqu’à présent le travail d’électricité n’est pas fait ; ce qui a été noté par l’expert. Diop a été constant et sérieux jusqu’à la réalisation du R+3, qui était d’ailleurs coulé. Mais entre le 4e et le 5e niveau, il s’est écoulé 18 mois et rien n’est prêt alors que la banque me réclamait des paiements. Je ne peux plus lui faire confiance parce que non seulement l’immeuble n’est pas livré, mais des fissures sont apparues. Il m’a causé beaucoup de retard pour le R+3. Pour le moment, il reste la charpente du 6e et du 7e étage qu’il devait prendre en charge.»
Le mis en cause assume avoir suspendu les travaux en novembre dernier, soulignant avoir pris cette décision «non pas parce qu’il n’y avait pas d’argent, mais à cause de la plainte» de Ndangane Ndao. «C’est ainsi que j’ai fait une expertise avant d’arrêter le travail à ce niveau», martèle C. Diop, jurant que le plaignant lui doit 9 millions.
Prenant la parole pour le compte de la partie civile, Me El Hadji Diouf signale que l’ingénieur avait disparu de la circulation pour ne réapparaître qu’après le dépôt de la plainte de son client. La robe noire accuse Diop d’avoir ainsi repris le chantier dans la précipitation, laissant entendre que ce travail bâclé, à son goût, serait la cause des fissures relevées sur l’immeuble.
Pour réparer ce préjudice et celui du retard dans la livraison du bâtiment, qui a exposé le plaignant à supporter des échéances bancaires mensuelles de 3 millions de francs CFA, Me El Hadji Diouf a plaidé la culpabilité du mis en cause qu’il souhaite voir condamné à verser 75 millions de francs CFA à l’ancien consul.
Le procureur a requis la condamnation et, pour la peine, s’est rapporté à la sagesse du tribunal. La défense, de son côté, a demandé le renvoi des fins de la poursuite sans peine ni dépens.
Délibéré le 26 janvier.


