L’audition d’Abdou Karim Fofana devant la commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner la gestion du patrimoine bâti de l’État a été marquée, ce lundi, par de vifs échanges avec les députés. L’ancien ministre et ex-directeur général de l’AGPBE a multiplié les confrontations verbales avec certains membres de la commission, obligeant le président de séance, Momar Talla Ndao, à procéder à plusieurs rappels à l’ordre.
Des échanges tendus dès l’ouverture
L’atmosphère s’est rapidement tendue au cours de cette audition consacrée à des dossiers sensibles, notamment ceux de la Cité Fayçal, de Dak Tower et des villas des Mamelles. Les députés ont insisté sur des questions relatives à la légalité des baux, à l’absence de décrets d’approbation et aux responsabilités susceptibles d’être engagées dans la gestion du patrimoine immobilier de l’État.
Face à ces interpellations, Abdou Karim Fofana a défendu ses décisions, estimant qu’il ne pouvait être tenu responsable de faits antérieurs à sa gestion. Il a également déploré les interruptions répétées de ses interventions, considérant qu’elles l’empêchaient de présenter pleinement le contexte des dossiers examinés.
Fofana dénonce des entraves à sa liberté de parole
L’ancien responsable de l’AGPBE a, à plusieurs reprises, insisté sur le fait qu’il avait répondu volontairement à la convocation de la commission. Il a également invoqué son statut d’ancien ministre de la République pour réclamer le respect de son honorabilité.
Ses longs développements explicatifs ont toutefois suscité des réactions au sein de la commission. Des députés ont exigé des réponses précises, notamment sur les montants liés aux baux et les procédures administratives engagées. Ces interventions ont donné lieu à des échanges particulièrement vifs, au cours desquels les notions de « courtoisie », de « censure » et de « partialité » ont été évoquées.
Certains parlementaires ont, de leur côté, contesté les explications fournies par l’ancien ministre, estimant que les actes examinés soulevaient de sérieuses interrogations quant au respect des règles de l’administration publique.
Momar Talla Ndao tente de reprendre le contrôle
Face à la montée des tensions, le président de séance, Momar Talla Ndao, a tenté de ramener les débats à leur objectif initial : l’examen des dossiers relatifs au patrimoine bâti de l’État. Il a rappelé aux personnes auditionnées l’importance de répondre aux questions de la représentation nationale, au nom du devoir de reddition des comptes envers le peuple sénégalais.
Malgré ses interventions, les désaccords entre Abdou Karim Fofana et plusieurs membres de la commission ont persisté. L’audition s’est ainsi déroulée dans une atmosphère électrique, révélatrice des tensions entourant l’examen de la gestion des biens de l’État.
Au-delà des passes d’armes, cette confrontation remet au premier plan les enjeux de transparence, de responsabilité administrative et de contrôle parlementaire dans la gestion du patrimoine public.



