La quiétude de la forêt de Birkelane, dans la région de Kaffrine, a été brisée jeudi dernier par un double drame : le meurtre d’un cultivateur, suivi d’une violente attaque contre le commandant de la gendarmerie locale, grièvement blessé lors d’une mission d’interpellation.
Tout commence en fin d’après-midi, dans un champ du village de Fass Sy. M. Dramé, cultivateur, surprend un troupeau appartenant au berger A. Bâ en train de ravager sa récolte de mil. La discussion s’envenime rapidement et tourne à la tragédie : armé d’une machette, A. Bâ s’en prend à son interlocuteur et l’égorge, rapporte L’Observateur.
Alertés par les cris, des villageois maîtrisent l’agresseur et préviennent la gendarmerie. Le commandant Ndiaye et ses hommes se rendent aussitôt sur les lieux, constatent le décès et procèdent à l’arrestation du suspect.
Mais sur la route du retour, dans une zone isolée, le convoi tombe dans une embuscade. Un groupe de bergers, supposés être des proches de l’auteur du meurtre, surgit des buissons et attaque violemment les gendarmes.
« Ils sont sortis des buissons comme des diables. Ils en voulaient particulièrement au commandant », témoigne un habitant sous anonymat.
Les assaillants, armés de machettes, s’acharnent sur l’officier et lui portent plusieurs coups, dont un sévère à la mâchoire. Ses hommes, réagissant avec sang-froid, parviennent à repousser l’attaque et à le sauver in extremis.
Grièvement blessé, le commandant Ndiaye est évacué vers le centre de santé de Birkelane, où il est admis dans un état préoccupant. Depuis son lit d’hôpital, il a confirmé l’arrestation de neuf assaillants. Les autres ont pris la fuite.
Ce double drame a plongé la zone dans une vive tension, nécessitant le déploiement de renforts pour prévenir tout affrontement entre les communautés de Fass Sy et de Loumbal Peulh.
Le corps de M. Dramé a été acheminé à la morgue de l’hôpital régional de Kaffrine pour autopsie. Le berger A. Bâ, également blessé, a été placé en détention. Lui et les neuf individus interpellés devraient être déférés devant le parquet de Kaffrine pour, entre autres, « tentative d’assassinat sur une personne dépositaire de l’autorité publique ».
Le commandant Ndiaye entame, lui, une longue convalescence.



