L’affaire prend une tournure explosive. Derrière les fourneaux de My Burger Sarl — devenue Eddy’s Restaurant — et les vitrines clinquantes de Mba Authority, société d’importation de véhicules, la justice soupçonne un système bien huilé pour blanchir les millions de la sextorsion.
El Hadji Babacar Dioum, actuellement derrière les barreaux, traîne un dossier lourd comme un coffre-fort : association de malfaiteurs, pédopornographie, chantage, extorsion, blanchiment d’argent, faux administratifs… La liste des accusations ressemble à un catalogue du crime organisé.
Lors d’une perquisition choc à Liberté 3, les enquêteurs sont tombés sur un véritable showroom de luxe : Mitsubishi Outlander, Jeep Wrangler, deux BMW X5… Dioum a juré que rien ne lui appartenait. La justice, elle, n’a pas cru un mot et a refusé de lui rendre les bolides.
Aujourd’hui, le juge d’instruction sort l’artillerie lourde : réquisitions bancaires tous azimuts, vérifications auprès du fisc, de la SICAP et de la SN HLM… Objectif : remonter la piste des comptes et des biens immobiliers liés à Dioum, à ses proches et à ses sociétés.
Ce qui n’était au départ qu’un dossier de cybercriminalité pourrait bien se transformer en l’une des plus vastes affaires de blanchiment de ces dernières années au Sénégal.
S. Seck



