La menace du JNIM dans la zone des trois frontières du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal

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La menace du JNIM dans la zone des trois frontières du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal

Dans le même temps, le Sénégal dispose de facteurs de résilience qui l’ont jusqu’à présent épargné, principalement sa cohésion sociale et ses forces de sécurité compétentes et professionnelles. A cela, s’ajoute le respect mutuel et l’esprit de cohabitation pacifique qui caractérisent les différents groupes ethniques et religieux. Leurs relations harmonieuses font qu’il est difficile pour le JNIM d’exploiter les tensions existantes à son profit, comme il a pu le faire ailleurs dans la région. En outre, une très grande majorité de Sénégalais n’adhère pas aux idéologies plus radicales partagées par des adeptes de groupes comme le JNIM. Ils privilégient un enseignement modéré de l’islam, en particulier ceux des leaders des confréries soufies, qui renforcent la cohésion sociale et s’opposent à la radicalisation et à l’extrémisme violent. Même si les confréries ne sont pas aussi influentes dans les régions frontalières de l’Est, ces dernières n’ont pas, jusqu’ici, connu de montée notable de l’extrémisme. De plus, le Sénégal dispose de forces de sécurité professionnelles qui entretiennent des relations saines et relativement paisibles avec les populations locales. Cela atténue un autre grief que le JNIM a exploité dans le Sahel à savoir l’opposition entre populations frontalières et forces de sécurité. Le Sénégal dispose, de ce point de vue d’une base solide de résilience pour empêcher l’expansion et l’installation durable du JNIM.

À partir de ces éléments factuels, le gouvernement sénégalais pourrait s’appuyer sur ces forces et s’attaquer aux vulnérabilités pour améliorer la sécurité des parties de son territoire les plus exposées en renforçant la résilience des communautés. Il lui est nécessaire de renforcer la présence de ses forces de sécurité permanentes dans les régions frontalières ainsi que sa coopération avec le Mali et la Mauritanie. Il devrait également mener des campagnes de sensibilisation auprès des leaders locaux – qu’ils soient religieux ou traditionnels – et accroître les programmes visant à atténuer les difficultés et vulnérabilités socio-économiques. Ces politiques basées sur une approche holistique devront intégrer les aspects sécuritaires, culturels et socio-économiques afin de limiter les possibilités d’infiltration du JNIM.

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