« Le 25 janvier 2009, à l’âge de 98 ans, Mamadou Dia était rappelé à Dieu Par Lorenzo

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« Le 25 janvier 2009, à l’âge de 98 ans, Mamadou Dia était rappelé à Dieu Par Lorenzo

Si il est surtout connu comme un homme d’État, il fut également l’un des plus brillants intellectuels de son époque, un humaniste à la pensée profonde.
Économiste éclairé, il publia plusieurs ouvrages dans les années 1950, notamment Contribution à l’étude du mouvement coopératif en Afrique noire (Présence Africaine, 1951), Réflexions sur l’économie de l’Afrique noire (Éditions Africaines, 1954) et L’économie africaine : études et problèmes nouveaux (Presses Universitaires de France, 1957).
Dans le premier de ces ouvrages, s’appuyant sur une critique des théories sociologiques et ethnologiques de l’époque qui décrivaient les économies africaines précoloniales comme essentiellement agricoles et « arriérées », Dia démontrait que l’Afrique précoloniale connaissait depuis longtemps une forme d’industrialisation, liée aux corporations de métiers. Il expliquait comment le secteur agricole, en symbiose avec l’artisanat, s’était toujours adapté aux conditions que l’on qualifierait aujourd’hui d’« écologiques », anticipant de nombreuses découvertes modernes dans les domaines de la culture et de l’élevage. Dia montrait également comment cet équilibre fut bouleversé par la colonisation, notamment par la traite négrière et l’introduction d’un capitalisme favorisant la spoliation. Cette dynamique conduisit à l’abandon partiel des anciennes pratiques agricoles et artisanales, et à la naissance d’un prolétariat africain appauvri.
Dans Les Nations africaines et la solidarité mondiale, publié en 1960 aux Presses Universitaires de France, il offrait une vision sur l’avenir des nations africaines, plaidant pour une interrégionalisation des économies du continent. Dia estimait que la coopération régionale était essentielle pour éviter toute forme de domination extérieure. Il appelait à intégrer ces économies dans une communauté mondiale équitable, reposant sur la solidarité et la justice mutuelles. Dia prônait une indépendance pragmatique, non pas comme une fin en soi, mais comme un moyen de créer des économies modernes et dynamiques, capables de s’insérer dans une économie mondiale solidaire, tout en s’appuyant sur certaines théories économiques contemporaines.
Il écrivit également un certain nombre de livres sur la sociologie des religions et l’islamologie, qui constituent la partie la plus volumineuse de son œuvre, comme Islam, sociétés africaines et culture industrielle (1975, Nouvelles Éditions Africaines) ou les Essais sur l’Islam en trois volumes (1977, 1978, 1980, Nouvelles Éditions Africaines).
Sur l’œuvre de Mamadou Dia, je recommande la lecture de l’excellent article du Professeur Djibril Samb, « Mamadou Dia, Penseur et Homme d’État », contenu dans son livre Figures du Politique et de l’Intellectuel au Sénégal(L’Harmattan-Sénégal, 2016).
Ces œuvres cités ne représentent q’une partie de l’œuvre de Mamadou Dia, qui a écrit plusieurs autres ouvrages, des livres de mémoires, un roman, et un multitude d’articles. »
(Lorenzo Italia)

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