L’audit des finances publiques continue de révéler des zones d’ombre. L’affaire dite du « Sukuk Sogepa » n’a pas encore livré tous ses secrets que de nouveaux éléments viennent accabler la gestion de plusieurs opérations immobilières impliquant l’État. Au centre de ce tourbillon financier : le projet « Envol immobilier », devenu le symbole d’une gabegie à coups de milliards.
Un crédit de 9,3 milliards contracté en catimini
En 2016, l’État du Sénégal avait ouvert un compte intitulé « État du Sénégal/CMD » à la Banque of Africa (Boa). Ce compte a permis d’endosser un crédit de 9,3 milliards de Fcfa, officiellement destiné à soutenir le projet « Envol immobilier ». Mais les enquêteurs cherchent encore à comprendre la justification réelle de ce financement et l’utilisation précise des fonds.
8,6 milliards « ponctionnés » du Sukuk Sogepa
Quelques années plus tard, ce fut au tour du « Sukuk Sogepa » d’être mis à contribution. 8,6 milliards de Fcfa y ont été directement ponctionnés, sous prétexte de financer le « transfert anticipé » de la Sphère ministérielle Ousmane Tanor Dieng. Une opération qui, selon les magistrats financiers, s’apparente davantage à un détournement orchestré qu’à une gestion transparente.
Le rachat controversé de l’immeuble du Hcct
L’enquête a également retracé les 14,480 milliards de Fcfa mobilisés pour le rachat de l’immeuble de l’homme d’affaires Cheikh Seck, aujourd’hui siège du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct). Cette transaction, considérée comme surévaluée par plusieurs experts, suscite de sérieuses interrogations. Les enquêteurs estiment que la somme a transité par un des comptes désormais placés sous scellés.
Des commissions occultes de 5,6 milliards
Comme si cela ne suffisait pas, de nouvelles révélations mettent en lumière des commissions faramineuses de 5,6 milliards de Fcfa versées à des intermédiaires, toujours dans le sillage du « Sukuk Sogepa ». Ces montants, difficiles à justifier, laissent penser à un système bien huilé de rétrocommissions.
Une affaire explosive
Les magistrats en charge du dossier disposent désormais d’un faisceau d’indices qui confortent l’hypothèse d’un système de prédation organisé autour de l’immobilier d’État. Si les responsabilités venaient à être établies, plusieurs anciens hauts responsables pourraient être appelés à rendre des comptes.
L’affaire « Envol immobilier » illustre à elle seule l’ampleur de la dérive financière qui a longtemps plombé les finances publiques, au moment même où l’État invoquait la rigueur budgétaire.



