Les automobilistes sénégalais devront désormais payer plus cher leur carburant. Dans un communiqué publié le 14 août 2026, le Gouvernement a annoncé un ajustement des prix des carburants automobiles, entré en vigueur ce samedi 15 août.
Le litre de supercarburant passe ainsi de 920 à 990 FCFA, soit une hausse de 70 FCFA. Le gasoil connaît, pour sa part, une augmentation de 75 FCFA, passant de 680 à 755 FCFA le litre.
Le Gouvernement précise que cette mesure ne concerne pas les autres produits pétroliers. Les prix du gaz et de l’essence destinée aux pirogues restent notamment inchangés.
Une hausse justifiée par la flambée des cours mondiaux
Selon l’Exécutif, cette nouvelle grille tarifaire ne fait que ramener les prix à leur niveau d’avant la baisse décidée le 6 décembre 2025. Les autorités invoquent principalement la forte progression des cours internationaux du pétrole, liée aux conséquences du conflit au Moyen-Orient depuis le 28 février 2026.
D’après les données communiquées par le Gouvernement, le prix international du gasoil a progressé de 69 %, tandis que celui du supercarburant a augmenté de 61 % depuis le début de la crise.
Plusieurs pays, notamment la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, l’Inde et la Chine, ont également procédé à des ajustements de leurs prix à la pompe.
Plus de 245 milliards de FCFA de subventions
Le Gouvernement affirme avoir retardé autant que possible cette décision afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages. Depuis la baisse des prix intervenue en décembre 2025, l’État indique avoir absorbé une partie importante de la hausse des cours internationaux.
Cette politique de soutien représente, depuis le début de l’année 2026, plus de 245 milliards de FCFA de subventions pour le seul secteur des carburants.
Selon les projections gouvernementales, le maintien des anciens tarifs aurait nécessité 47 milliards de FCFA supplémentaires en un seul mois, entre le 15 août et le 12 septembre 2026.
Sans ajustement, les subventions destinées au secteur de l’énergie auraient ainsi pu atteindre 1 069 milliards de FCFA en 2026, contre une enveloppe de 250 milliards de FCFA prévue dans le budget voté par l’Assemblée nationale.
Pour l’Exécutif, une telle trajectoire aurait fortement réduit les marges financières nécessaires au financement d’autres secteurs prioritaires, notamment l’éducation, la santé, l’agriculture et les dispositifs de soutien aux ménages vulnérables.
L’État continue de subventionner chaque litre
Le Gouvernement insiste sur le caractère « partiel et mesuré » de la hausse. Malgré les nouveaux tarifs, les prix à la pompe restent inférieurs aux coûts réels d’importation.
Le litre de supercarburant, dont le coût réel est estimé à 1 019 FCFA, est désormais vendu à 990 FCFA. Pour le gasoil, le coût réel serait de 1 044 FCFA, contre un prix à la pompe fixé à 755 FCFA.
L’État continue donc de prendre en charge une partie du coût de chaque litre consommé sur le territoire national.
Grâce à cette révision tarifaire, les autorités estiment pouvoir réduire d’environ 9,7 milliards de FCFA par mois la pression exercée sur les finances publiques.
Le Gouvernement souligne par ailleurs que, malgré cette augmentation, les prix pratiqués au Sénégal, notamment celui du gasoil, restent parmi les plus bas de la sous-région ouest-africaine.
Les mécanismes sociaux maintenus
L’Exécutif assure que l’ajustement des prix des carburants ne remettra pas en cause les dispositifs de protection sociale. La Bourse nationale de Sécurité familiale et les autres mécanismes d’accompagnement des ménages les plus vulnérables seront maintenus et renforcés, selon les autorités.
Enfin, le Gouvernement assure que l’approvisionnement du pays en produits pétroliers demeure garanti. Il annonce une surveillance continue de l’évolution des marchés internationaux et se réserve la possibilité d’adapter à nouveau le dispositif de fixation des prix en fonction de la conjoncture.





