Le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, Moussa Bala Fofana, a annoncé sa démission de Pastef-Les Patriotes tout en réaffirmant son engagement à poursuivre sa mission au sein du gouvernement nouvellement formé par le président Bassirou Diomaye Faye.
Dans un long communiqué publié ce jeudi, le ministre a d’abord exprimé sa « profonde gratitude » au chef de l’État pour la confiance renouvelée à son endroit, marquant ainsi sa troisième reconduction dans une équipe gouvernementale depuis l’arrivée au pouvoir du duo Diomaye-Sonko.
Moussa Bala Fofana a tenu à préciser que sa décision de demeurer au gouvernement relève d’un choix personnel guidé par sa conscience et son sens du devoir. Réagissant aux déclarations du président de Pastef et actuel président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, qui avait évoqué le cas de ministres ayant refusé de suivre les orientations du parti, il a assumé pleinement sa position.
« Oui, j’ai agi en toute liberté et à titre personnel », a-t-il déclaré, affirmant avoir privilégié ce qu’il considère comme son devoir envers la Nation plutôt qu’une logique partisane.
Hommage à Diomaye Faye et respect maintenu pour Sonko
Le ministre a également insisté sur la qualité de ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye, assurant que ce dernier ne lui a jamais parlé de « projet politique » depuis leur collaboration au sommet de l’État.
Concernant Ousmane Sonko, Moussa Bala Fofana a tenu à dissiper toute idée de rupture personnelle. Il a décrit le leader de Pastef comme un « grand frère », un compagnon de lutte avec lequel il partage une histoire politique et intellectuelle marquée par des combats communs pour la transformation du Sénégal.
« Rien de ce qui se passe aujourd’hui ne saurait effacer cette histoire commune », a-t-il souligné.
Le bilan de deux années à la tête du ministère
Pour justifier sa décision de rester au gouvernement, le ministre a longuement énuméré les chantiers engagés sous sa direction. Parmi les réalisations citées figurent le lancement de programmes de logements à Mbour et Thiès, les réformes territoriales liées à l’Acte IV de la décentralisation, la modernisation de l’état civil, la poursuite du projet Nouveau Mbeubeuss, ainsi que plusieurs initiatives en matière d’habitat, de planification urbaine et de développement local.
Selon lui, ces projets sont encore en cours d’exécution et nécessitent une continuité dans leur pilotage.
« Ma conscience ne me permettait pas d’abandonner cette mission au milieu du gué », a-t-il affirmé.
Une démission de Pastef assumée
Estimant que la cohérence exigeait d’assumer les conséquences politiques de son choix, Moussa Bala Fofana a annoncé sa démission de Pastef-Les Patriotes.
Cette décision, dit-il, a été prise « sans rancœur, sans amertume et sans esprit de rupture ». Il a remercié Ousmane Sonko ainsi que l’ensemble des militants du parti pour les combats menés ensemble et les espoirs partagés au service du pays.
Le ministre a également présenté ses excuses à toute personne qu’il aurait pu offenser durant son engagement politique, tout en accordant son pardon à ceux qui l’ont blessé.
« Un patriote peut démissionner d’un parti, jamais de la Patrie »
Dans la conclusion de son message, Moussa Bala Fofana a réaffirmé son attachement au Sénégal et sa volonté de continuer à servir l’État aussi longtemps que les autorités jugeront ses compétences utiles.
Se définissant comme « un pur produit de l’école publique sénégalaise et de la diaspora », il a assuré que son engagement au service du pays demeurera intact, qu’il soit ministre ou simple citoyen.
« Un patriote peut bien démissionner d’un parti, mais jamais de la Patrie », a-t-il déclaré, revendiquant une fidélité exclusive à sa conscience et à l’intérêt supérieur de la Nation.
Cette prise de position marque une nouvelle étape dans les recompositions politiques en cours au sein de l’ancienne majorité issue de Pastef, après la formation du nouveau gouvernement et les récentes divergences apparues entre plusieurs responsables du mouvement.


